Autisme Centre-du-Québec

DÉFINITIONS DES DIAGNOSTICS LIÉS AU TSA

AUTISME

L’autisme se définit comme un désordre d’origine neurologique caractérisé par une distorsion du développement global de la personne dans l’ensemble de ses sphères de fonctionnement.

Le mutisme est présent dans près de la moitié des cas d’autisme. Sur le plan non verbal, les personnes autistes montrent des problèmes majeurs de compréhension de la mimique et des gestes. L’altération de l’activité d’imagination peut se manifester par une absence de jeux symboliques et d’histoires inventées avec des jouets ou par des difficultés à imiter les gestes d’autrui.

Plusieurs personnes autistes montrent une faiblesse sur le plan de la coordination motrice et peuvent avoir des difficultés de motricité fine et globale.
L’autisme s’observe chez des personnes de tous les niveaux d’intelligence. Cependant, la majorité des personnes autistes auraient un rendement intellectuel inférieur à la moyenne tout en présentant des déficits sur le plan des comportements adaptatifs, s’assimilant ainsi à la catégorie des personnes présentant une déficience intellectuelle moyenne ou sévère. En raison de leurs caractéristiques particulières, plusieurs de ces personnes présentent aussi des troubles de comportement.

Un diagnostic d’autisme implique que les déficits se manifestent avant l’âge de 3 ans, qu’ils sont intégrés dans le fonctionnement de la personne et présents de façon presque constante.

ASPERGER

Le syndrome d’Asperger connaît un développement stable. Il semble qu’on puisse établir un diagnostic dès l’âge de trois ans. Avant cet âge, les parents peuvent néanmoins constater des particularités chez leur enfant. Dès sa première année, leur bébé communiquera peu par le rire, le babillage, etc. De façon générale, l’enfant Asperger ne connaît pourtant pas de retard particulier de langage, au contraire, il étonne parfois par son emploi de mots très recherchés et son imposant vocabulaire. Il doit souvent ces caractéristiques à une excellente mémoire.

Sur le plan physique, personnes ayant le syndrome présentent plusieurs traits atypiques : des difficultés motrices (gestes maladroits, démarche guindée, etc.), une intonation monotone, une fuite du contact visuel, et, à l’occasion, certains tics.

Par ailleurs, les symptômes les plus importants se situent davantage au plan social. On remarque chez les Asperger une difficulté notable à saisir le langage non verbal (haussement d’épaules, sourire las, etc.) et les données abstraites. L’emploi d’une expression comme «couper les cheveux en quatre », par exemple, les laissera perplexes ou sera même comprise au premier degré. Cette difficulté entraîne évidemment des problèmes de communication et suscite la moquerie chez leurs pairs. Ces derniers y verront sans doute une grande naïveté.

La résistance au changement constitue un symptôme classique du syndrome d’Asperger. En raison de leurs difficultés à interpréter les signes émanant de leur environnement, les personnes affectées attachent beaucoup d’importance à la routine. En effet, à défaut de pouvoir prédire ce qui les attend, elles deviennent vite angoissées et tendent alors à avoir des comportements obsessifs.

À plusieurs égards, les jeunes atteints du syndrome manifestent beaucoup de maladresse dans leurs interactions sociales. Beaucoup évitent les contacts physiques, expriment peu ce qu’ils ressentent ou le font alors de façon démesurée. Les sentiments des autres leur apparaissent encore plus abstraits et, la plupart du temps, ils se substituent même leurs propres émotions. En conséquence, l’entourage perçoit souvent les personnes Asperger comme étant peu réceptives et égocentriques.

Cette impression se voit par ailleurs renforcée par un trait caractéristique des Asperger : l’engouement pour un domaine très spécifique et leur capacité d’en parler longuement en dépit de l’ennui de leur auditoire. Ce trait fréquent chez les Asperger prend la forme d’une fixation ou d’une obsession pour quelque chose sur laquelle ils acquerront une foule de connaissances. Il peut s’agir, par exemple, d’une passion pour le nom des rues, pour la biologie marine, etc. Souvent, la personne Asperger ne parlera aux gens que par le biais de cet intérêt précis.

Leur difficulté à entamer une conversation et à la maintenir démontre le fossé existant entre leur langage savant et une communication normale où chacun voit les réactions de l’autre et peut les interpréter.

Ne comprenant pas le subtil écheveau des relations humaines, l’Asperger est ainsi cantonné dans un isolement dont il est le premier à souffrir et auquel se rajoutent de douloureuses moqueries. Parfois, une dépression s’ensuivra, voire même des tendances suicidaires.

TROUBLE ENVAHISSANT DU DÉVELOPPEMENT NON SPÉCIFIÉ

Le TED non spécifié, aussi appelé « autisme atypique » se définit par des troubles graves et envahissants dans certains domaines, tels que l’interaction sociale réciproque, des activités et des intérêts restreints, mais par une absence des symptômes stricts du trouble autistique.

Le TED non spécifié possède plusieurs caractéristiques associées aux autres TSA, qui ne se retrouvent pas en nombre suffisant pour permettre de poser un diagnostic selon les protocoles établis.

On doit se servir de la catégorie TED NS quand il existe soit une altération sévère et envahissante du développement de l’interaction sociale réciproque ou des capacités de communication verbale et non verbale, soit des comportements, des intérêts et des activités stéréotypées. Il ne faut pas alors que les critères d’un trouble envahissant du développement spécifique, d’une schizophrénie, d’une personnalité schizoïde ou d’une personnalité «hésitante » soient remplis. Par exemple, cette catégorie inclut sous le terme d’«autisme atypique » des tableaux cliniques qui diffèrent de celui du trouble autistique par un âge de début plus tardif, par une symptomatologie atypique ou sous le seuil, ou par l’ensemble de ces caractéristiques.

Le diagnostic de TED non spécifié est établi lorsque l’état de la personne atteinte ne répond pas aux critères stricts du trouble autistique et du syndrome d’Asperger. Cette personne aura quand même des difficultés de relation sociale, des troubles de la communication et des comportements répétitifs. En général, elle a aussi un certain retard de développement du langage.

TROUBLE DÉSINTÉGRATIF DE L’ENFANCE

Le désordre désintégratif de l’enfance a été décrit par Heller, en 1908, soit plusieurs années avant l’autisme comme tel. Il n’a toutefois été reconnu que tout récemment. Selon les documents consultés, on lui reconnaît plusieurs noms : la démence de Heller, la psychose désintégrative de l’enfance, etc.
Lors du constat des symptômes, on dénote que certains s’apparentent à l’autisme, parfois à s’y méprendre : comme lui, elle frappe plus souvent les garçons que les filles, présente le même genre de manifestations cliniques, etc. Cependant, la démence de Heller diffère quelque peu par son évolution et ses conséquences.

Plusieurs estiment d’ailleurs que le pronostic de la psychose désintégrative déclasse l’autisme en terme de gravité. Ce dernier, au sens propre, serait néanmoins dix fois plus fréquent, même si le syndrome de Heller fait sans doute l’objet d’erreurs fréquentes de diagnostic.

De deux à quatre ans, le développement de l’enfant semble normal. S’ensuit une régression où l’on constate une perte des acquis antérieurs au niveau du langage expressif et réceptif, ainsi que dans les compétences sociales. Une altération qualitative des interactions sociales, de l’affectivité et de la communication émerge : graduellement, l’enfant montre des intérêts limités, des jeux singuliers et répétitifs, de l’hyperactivité, etc. Dans la plupart des cas, il y a une déficience intellectuelle, mais elle ne constitue pas un critère de diagnostic.

Sur le plan physique, l’enfant semble incapable de prendre soin de lui-même. Il passe pour un autiste profond aux yeux des gens, même si l’évolution de son état diffère. Celui-ci se démarque par une dégradation progressive, marquée par une phase de plateau suivie de légères améliorations.
Pour sa part, l’étiologie du syndrome reste encore dans l’ombre; on l’impute parfois à une affection cérébrale antérieure et identifiable (telle qu’une encéphalite). Par ailleurs, la démence infantile paraît aussi dans des cas où de tels antécédents n’ont pu être constatés. De façon globale, de fortes présomptions convergent vers un dysfonctionnement possible du système nerveux central.

Bien que des recherches soient en cours, on parle encore peu de traitements pouvant atténuer les symptômes du désordre désintégratif de l’enfance. Cependant, il est probable que le recours à certaines techniques employées avec les personnes autistes puisse améliorer partiellement la condition des personnes atteintes et du coup, celle de leurs proches.

Retour au guide